Chapitre 3

Chapitre 3

Milo passa la matinée du lendemain allongé sur un transat, à l'ombre d'un parasol sur la plage privée du Méridien. Bon nombre de regards admiratifs, tant masculins que féminins, se posèrent sur lui, à sa plus grande satisfaction. Il fit la connaissance d'un jeune Anglais prénommé Jordan qu'il ramena à son hôtel. Ils firent l'amour tout l'après-midi. Milo se déchaîna. Envolés les scrupules de la veille ! Son amant cria autant de plaisir que de douleur.
L'heure de son rendez-vous arriva. Il avait mis son pantalon en cuir avec une chemise de soie bleue et une veste noire. Il passa une chaîne en or où pendait un petit scorpion du même métal, son signe zodiacal. Il sortait de l'ascenseur lorsqu'il vit Aphrodite. Un jeans blanc moulait ses formes que Milo caressa du regard. Il avait mis un polo blanc rentré dans le pantalon avec une ceinture clouté, des bottes et un blouson noirs. Ils se dirigèrent l'un vers l'autre et se firent la bise.
- Qu'est-ce que t'es sexy en cuir ! s'écria Aphrodite avec un regard gourmand.
- Le blanc te va très bien, rétorqua Milo. Alors, tu m'emmènes où ?
- Un p'tit resto italien à une quinzaine de kilomètres d'ici. C'est assez facile de s'garer. Ensuite, j'ai une surprise pour toi.
- Ah ? C'est quoi ?
- Si j'te l'dit, c'est plus une surprise !
Ils montèrent dans la Porsche qui eut droit à un petit sifflet admiratif de la part d'Aphrodite.
- Gris métallisé, j'adore !
Suivant les directives de son passager, Milo s'engagea dans la circulation estivale un peu embouteillée. Aphrodite fouilla sous le siège et trouve une sacoche où Milo rangeait des cd. Il sortit une compile de Van Hallen et la glissa dans le lecteur. Les premières notes de "Jump" explosèrent dans la voiture. Le danseur cria et tapa sur le tableau de bord en rythme devant un Milo tout sourire. Ils firent le trajet en chantant à tue-tête, ce qui laissait présager une soirée agitée.
En sortant du restaurant, Milo rappela à Aphrodite qu'il lui avait promis une surprise.
- Pas tout d'suite, c'est pas encore l'heure.
- Ah ! C'est une séance de ciné ?
- Non, mais en attendant, j'vais me mettre en conditions. Tourne dans cette rue et gare-toi steuplé...
Milo, docile, obéit. Sitôt la voiture arrêtée il baissa le son de la musique et observa son compagnon. Il sortit de son blouson une petite fiole remplit d'une poudre blanche. Milo rit doucement.
- Héro ou coke ?
- Coke. Ça file une pêche d'enfer ! Tas déjà essayé ?
- Mouais, y a longtemps.
- T'en veux ?
Milo regarda le petit flacon et une foule de souvenirs lui revint en mémoire.
Il ne devait pas avoir plus de dix-huit ans à l'époque. Il avait décidé de prendre une année sabbatique après avoir obtenu son bac. Il vivait encore chez ses parents mais ils étaient assez sympas et le jeune homme était très libre. C'est pendant cette année là qu'il fit toutes sortes d'expériences. Le genre de choses que font les jeunes parce qu'ils sont jeunes et sans cervelle.
Il fumait déjà depuis plusieurs années et avait commencé par tester la marijuana. Un soir il avait rencontré une fille et ils avaient fait l'amour complètement défoncés. Milo avait adoré ça. Mais il savait que ça pouvait être encore mieux. Il chercha à se procurer de la cocaïne et trouva un revendeur qui devina que c'était la première fois qu'il allait sniffer.
Ecoutant le peu de scrupules qui lui restait, le dealer expliqua à Milo comment faire et resta avec lui pendant son trip. C'est comme ça qu'il connut sa première expérience avec un homme et qu'il tourna définitivement le dos aux femmes. Puis il avait continué à se droguer de temps en temps. Il avait eu suffisamment de force de caractère pour ne pas tomber dans la dépendance.
Un jour il rencontra un gars qui lui fit goûter à l'héroïne. Là, c'était plus pareil. Il sniffa à plusieurs reprises jusqu'à ce qu'il décide de se piquer. Il ne fit l'expérience qu'une fois. Il se retrouva aux urgences de l'hôpital complètement dans le cirage. Il était passé à deux doigts de l'overdose.
Ce qui lui fit prendre conscience qu'il était sur une très mauvaise pente, c'est quand il commença à avoir des saignements de nez. Il stoppa tout du jour au lendemain, drogue et tabac. Mais il lui fallait trouver autre chose pour s'éclater, pour planer. Le sexe fut son exutoire. Il fréquenta toutes les boites les plus pourries et dangereuses de la capitale qui répondaient à ses pulsions. Et là pas de danger si tu respectes deux règles simples et faciles à retenir. Préservatifs et aucune question indiscrète.
Dans le même temps, il avait repris ses études et petit à petit, il avait enchaîné la bête au fond de son âme pour se donner les moyens de réussir. Aujourd'hui ses parents étaient très fiers de lui, mais ils ignoraient tout de cet épisode de sa vie.
- Alors ? T'en veux ou pas ? C'est bientôt l'heure, on va y aller !
Aphrodite secouait la fiole devant ses yeux. Il croisa son regard un instant et prit le flacon. Il fit tomber une petite quantité de poudre blanche sur le dos de sa main, se boucha une narine et inspira très fort par l'autre.
Quelques secondes plus tard, il crut qu'il venait de se mettre sur orbite. Une douce chaleur envahit son corps et il se sentit rempli d'une énergie merveilleuse. Ses pupilles se rétractèrent pour ne plus être qu'une tête d'épingle au milieu du saphir de ses iris alors que dans la nuit elles auraient du être complètement dilatées. Il se sentit invincible et immortel.
- J'avais oublié à quel point c'était fabuleux !
- C'est clair. Et on va avoir besoin d'être en forme.
- C'est quoi ta surprise ?
- Je sais que tu aimes les numéros comme le mien et celui d'Angelo.
- C'est vrai. Au fait tu bosses pas ce soir ?
- Non, c'est mon soir de repos. Je vais te montrer un numéro à t'en faire péter la braguette ! Un truc comme ça, t'as jamais vu !
- Mais dis-moi c'que c'est !
- Cette boite est un peu moins... propre que la mienne, on va dire. Les m½urs sont beaucoup plus libres, voir même très libres. Certains danseurs n'ont absolument aucune moralité ni aucun tabou et ont franchi bien des limites. Mais ce numéro est exceptionnel. A chaque fois que je peux, je viens les voir.
- Les voir ?
- Ouais. Ils sont deux pour faire leur show. Crois-moi, c'est torride mais c'est aussi très beau d'un point de vu artistique. Ils dansent comme moi sur une chanson de George Michael.
- Ben alors on y va !
- Comment tu t'sens ?
- Super bien !
Ils sortirent de la voiture et se dirigèrent vers une porte cochère. Aphrodite cogna et un judas s'ouvrit. Reconnaissant de qui il s'agissait, le videur ouvrit la porte.
- Salut Aphro ! Ça fait un moment qu'on t'a pas vu ? fit le jeune homme en faisant la bise au danseur.
- Salut Ikki ! J'ai pas eu trop de temps ces derniers jours.
- Y vont être contents de te voir.
- Ton pote est à l'intérieur ?
- Seiya ? Ouais ! Les numéros ont commencé. J'vais bientôt rentrer moi aussi.
- A tout à l'heure alors.
Milo se laissa guider et ils entrèrent dans une sorte d'immense cave assez basse de plafond et plus sombre que le "Sexy Boys" La même scène en T occupait le centre du club. Ils s'assirent sur une banquette derrière une table et attendirent qu'un serveur s'approche.
- Les deux clubs appartiennent à la même personne, expliqua Aphrodite.
- Ah bon ? C'est un peu con de s'faire soit même de la concurrence.
- Crois pas ça, c'est même très intelligent. Ce n'est pas la même clientèle de chaque coté. Comme ça, y en a pour touts les goûts et toutes les bourses, sans vouloir faire de jeu d'mots débiles !
Milo éclata de rire et admit qu'effectivement le patron avait de la suite dans les idées.
- Ici c'est un peu plus chaud, un peu plus remuant. Les videurs ont plus de boulot que Joao.
- Et c'est qui le patron ?
- La patronne. C'est une femme, Saori Kido. Une vraie pétasse mais elle est pas con. Elle comprend rien aux commerces de ce genre mais elle est pétée d'oseille. Elle s'est offert les deux clubs. Et l'idée des deux styles différents c'est d'elle. Elle gagne sur les deux tableaux.
- Et toi, t'as jamais bossé ici ?
- Non et j'essaie de convaincre mes potes de venir chez moi. C'est plus calme. Tiens, regarde !
Un homme, la trentaine bien sonnée et visiblement bien imbibé voulait absolument monter sur la scène pour attraper le danseur. Seiya et Ikki le sortirent sans ménagement.
Un serveur s'approcha et leur demanda ce qu'il voulait boire. Aphrodite eut un sursaut en le voyant.
- Hé ! J'te connais ! fit-il en souriant à l'adresse du jeune homme d'une incroyable beauté. Son visage reflétait une telle douceur et une telle innocence qu'on se demandait ce qu'il faisait dans un endroit pareil.
- T'es le copain de Hyoga, le serveur qui travaille dans mon club ! Tu t'appelles Shun.
- Ouais, c'est moi. Et toi t'es le gars qui fait un numéro en costume marin. J'l'ai vu y a quelques jours, j'ai adoré.
- Merci. Mais j'savais pas que tu travaillais ici.
- Ça fait qu'trois s'maines. Qu'est-ce que j'vous porte ?
- Un Ouzo pour moi, fit Milo.
- Et euh... un martini sans olive.
- Ça roule !
- Comme le monde est petit ! fit Milo à son compagnon.
- Surtout le notre...
- Alors ce numéro, c'est pour quand ?
- Sois patient. Quand y s'ra fini t'auras qu'une envie, que ça r'commence ! Patience !

Milo dégustait son Ouzo en regardant autour de lui. Les clients n'avaient effectivement pas la même classe qu'au "Sexy Boys". C'était plus... populaire, moins huppé. Des couples s'embrassaient à pleine bouche sans se soucier de savoir si leur attitude était décente ou pas. Bien sûr, si cela devenait trop chaud, ils étaient gentiment invités à reprendre une tenue plus... correcte ou à aller ailleurs. Aphrodite se rapprocha de Milo et posa son bras derrière sa tête, sur le dossier. Milo comprit le message et regarda son compagnon dans les yeux. Il n'en revenait toujours pas d'une telle beauté et il n'était pas le seul à en juger par les regards que tous les deux attiraient depuis qu'ils étaient entrés. Il s'approcha et posa ses lèvres sur celles d'Aphrodite qui laissa échapper un petit soupir de plaisir. Comme la veille, dans la chambre de Milo, leurs langues entamèrent un langoureux ballet. Le danseur glissa une main sur la cuisse de son "touriste" en mal de sensations fortes.
Mais ils furent bientôt interrompus par un nouveau numéro annoncé par le DJ, "Angel's Temptation", la Tentation de l'Ange. La salle s'obscurcit et seule la scène resta éclairée. Deux spots bleus semblaient guetter quelque chose de chaque coté. La version longue de la chanson "Freek" de George Michael démarra. Puis pendant deux secondes ce fut le noir total et quand la lumière revint, deux hommes étaient apparus des deux cotés de la scène, l'un habillé de cuir noir et l'autre de cuir blanc. Ils se tenaient dos au public, les jambes écartées, un bras levé, l'autre replié derrière leur nuque. Leur longue chevelure semblait avoir la même couleur pourtant Milo perçut deux nuances distinctes.
Aphrodite expliqua que "l'Ange" essaie tout le long de la chanson de repousser "le Démon" qui fait tout pour le tenter. Lorsqu'enfin ils firent face à la salle, Milo eut un hoquet de surprise qui fit éclater de rire le danseur. Sous les yeux ébahis du jeune cadre dynamique, deux jumeaux entamèrent un numéro d'une sensualité magnifique.

Le public était complètement sous le charme, plus personne ne bougeait, captivé par cette vision.
- En blanc, c'est Saga et son frère s'appelle Kanon.
- Et tu les connais bien ? demanda Milo sans détourner le regard.
- C'est eux que je veux faire changer de boîte. Ce sont mes amis. On ira les voir après dans leur loge.
- T'as déjà...
- Saga et moi on a eu une liaison pendant quelques s'maines y a cinq ans. On était déjà potes depuis longtemps à l'époque, on a essayé comme amants mais ça a pas fonctionné. On était plus amis qu'amants !
Le Démon ondulait de façon très explicite et terriblement sensuelle. Il caressait le corps de l'Ange qui rejetait la tête en arrière, essayant de résister à la tentation, et quelle tentation ! Les jumeaux avaient une incroyable présence sur scène, un charisme sulfureux et ils en jouaient et en abusaient sans retenue. Le Démon passa derrière l'Ange, plaqua ses mains sur sa poitrine puis descendit plus bas, toujours plus bas, jusqu'à son entrejambe qu'il couvrit de ses deux mains et l'entraîna dans des mouvements de hanches circulaires. Leurs corps étaient parfaitement synchrones. Une émanation de luxure semblait partir de la scène pour se répandre dans la salle. Milo était comme hypnotisé par ces deux êtres magnifiques qui faisaient un numéro d'un érotisme brutal et un peu dérangeant.
Comment parvenaient-ils à créer une telle atmosphère dans leur numéro ? Ils arrivaient à faire oublier qu'ils étaient jumeaux et ça en devenait presque normal et naturel. Soudain une phrase d'Aphrodite lui revint en mémoire : "Certains danseurs n'ont absolument aucune moralité ni aucun tabou et ont franchi bien des limites."
Serait-il possible que les jumeaux... Milo se mit à fantasmer, son esprit s'emballa à la vitesse de la lumière. Des jumeaux... La réaction de son corps ne se fit pas attendre. Aphrodite avait raison quand il avait dit que c'était un numéro s'en faire péter la braguette.
Kanon était le premier à se dévêtir et c'est lui qui déshabillait son frère, pour entraîner "l'Ange" dans un monde de luxure alors que celui-ci se défendait de moins en moins. Toujours au rythme de la musique, les gestes devenaient de plus en plus précis. Saga frottait son dos au corps de son frère qui le tenait par les hanches, puis d'un autre mouvement, face à face, Kanon léchait la peau de Saga du nombril jusque sous son menton.
Ils finirent en string, l'un blanc l'autre noir, chargés de billets. L'Ange succombait au démon et finissait allongé dans ses bras, appuyé sur la cuisse de son frère qui avait mis un genou à terre. Et le baiser qu'ils échangeaient à la fin de leur numéro n'avait rien de simulé.
Milo, sous l'emprise de la cocaïne, sentait son sang bouillir dans ses veines. Mais même sans la drogue, il aurait senti son désir s'enflammer. S'il s'était écouté, il aurait ramené Aphrodite à son hôtel immédiatement, dans sa chambre pour lui faire l'amour comme il ne l'avait plus fait depuis longtemps. Mais il lui avait promis une rencontre avec les deux danseurs et il n'aurait raté ça pour rien au monde.

************

Les deux hommes se glissèrent dans les coulisses et Aphrodite frappa à la porte d'une loge.
- Pas maint'nant ! cria une voix à l'intérieur.
- Saga, c'est Aphro !
La porte s'ouvrit brusquement sur l'un des jumeaux que Milo aurait était incapable de distinguer de l'autre, alors que son compagnon avait l'air de l'avoir identifié rien qu'à la voix.
- Salut mon ange ! minauda Aphrodite en enlaçant son ami pour lui plaquer deux gros baisers sur chaque joue.
- Restez pas dehors !
Il se poussa pour les laisser entrer et referma la porte à clé.
- Je te présente Milo, un... ami. Milo, voici Saga.
- Enchanté.
- Moi de même.
- Kanon est sous la douche ?
- Ouais. Alors qu'est-ce tu fais là ?
- J'ai absolument voulu montrer votre numéro à Milo. On s'est rencontré au "Sexy Boys"
- J'ai été époustouflé par votre show. C'est... magnifique !
- Merci. Tu bosses là-bas ?
- Non. J'étais venu boire un verre et j'ai demandé à rencontrer Aphrodite.
- Tu violes les règles, Aphro ? fit Saga sur un ton de reproches.
- Disons que j'ai fait une exception. Et je pense avoir bien fait.
- Ho ! Hé ! Matelot ! Vas-y Saga !
- Hé ! Mon diablotin préféré !
Kanon venait de sortir de la salle de bain... nu. Il ne semblait pas être gêné le moins du monde par les visiteurs. Saga se déshabilla à son tour et passa sous la douche sans fermer la porte.
Le "Démon" enlaça Aphrodite. La nudité du second jumeau ne semblait pas être un problème. Milo, de son coté, était en ébullition. Saga revint dans la même tenue que son frère. Il les avait vus sur scène mais là, en dehors du contexte du spectacle, c'était très troublant. Il les observa à la dérobée. Ils avaient le même corps, la même coupe de cheveux, les mêmes gestes, le même... Leur ressemblance était hallucinante. On aurait dit deux clones. Pourtant à les voir discuter, il commença à percevoir des différences. La couleur des cheveux d'abord. Ceux de Kanon tiraient d'avantage sur un bleu turquoise foncé alors que ceux de Saga avaient des nuances violines. Leurs voix étaient différentes aussi, plus feutrée pour Kanon. Mais ce qui frappa Milo fut l'expression des yeux. Saga avait un regard presque doux, un peu triste tandis que celui de Kanon semblait plus provocant, plus dur.
Pendant qu'ils s'habillaient, Milo remarqua qu'ils échangeaient des regards étranges. Il était clair qu'il y avait une complicité intense entre les deux frères. C'est comme s'ils communiquaient par la pensée.
- Vous voulez qu'on aille boire un coup quelque part ? demanda Aphrodite qui songea que Milo était peut-être en train de s'ennuyer de leur conversation qui tournait autour de leur métier.
- Moi j'irais bien danser, fit ce dernier. J'ai un trop plein d'énergie à évacuer. Mais je comprendrais si vous avez pas envie.
- Crois pas ça ! fit Kanon. Danser sur scène, c'est un plaisir pour nous mais pas une détente. On bosse. Danser en boite c'est QUE du plaisir, on s'amuse et on pense plus au boulot. Alors moi aussi je suis partant pour aller danser.
- Alors qu'est-ce qu'on attend ? sourit Saga.
- On va où ? demanda Aphrodite en ouvrant la porte de la loge.
- Au "Blue Dream". Ils l'ont entièrement refait. C'est plus spacieux et mieux aéré, proposa Saga en expliquant son choix.
- Moi j'suis le chauffeur, j'connais pas la ville.
- D'où t'es ? demanda Kanon.
- Paris.
- Ho Ho ! Un touriste ! T'es là pour combien de temps ?
- Ça dépendra de l'intérêt des choses que je vais faire et des gens que je vais rencontrer.
Kanon le regarda avec cet air énigmatique dont il avait le secret. Quelque chose passa entre les deux hommes qui ne leur déplu pas.
- On est garé dans la rue derrière, fit Saga. On se rejoint là-bas ?
- Je monte avec Milo, s'imposa Kanon. J'suis jamais monté dans une Porsche !
- Comment tu sais que j'ai une Porsche ? sourit Milo, un peu surpris.
- T'arrêtes pas de jouer avec le porte-clé. Et vu les fringues que tu portes, j'crois pas que t'es l'genre de mec à avoir un porte-clé Porsche juste pour faire bien. Le porte-clé y va avec tes frusques !
- Allez Aphro, viens avec moi ! rigola Saga en passant un bras amical autour de ses épaules.

A suivre...

J'espère que ça vous a plu.
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# Posté le dimanche 01 novembre 2009 13:09

Chapitre 2

Chapitre 2

Milo avait réservé une chambre à l'Hôtel Méridien de Nice. Un quatre étoiles. Il avait les moyens. Il arriva en début de soirée après être parti tôt ce dimanche matin et avoir roulé presque douze heures. Il fut conduit à sa chambre par un employé à qui il donna un pourboire de vingt euros. Le jeune homme, ébahi, se répandit en remerciements et se promit de garder à l'½il ce client qui semblait avoir le c½ur sur la main. Ce n'était pas parce que l'hôtel accueillait des clients très aisés, qu'ils étaient forcément généreux.
Il était à l'avant dernier étage. Il ouvrit les fenêtres et regarda la vue magnifique qu'il avait sur la Baie des Anges. De l'autre coté de la Promenade des Anglais, la plage privée de l'hôtel était encore bien remplie.
Il déballa quelques affaires, juste le nécessaire, ne sachant pas encore combien de temps il allait rester. Il sortit un ensemble sportswear, un pantalon et une veste en toile d'un blanc immaculé. Il appela la réception pour que quelqu'un s'occupe de repasser ces vêtements qu'il comptait mettre le soir même pour sortir. Quelques minutes plus tard, une femme d'un certain âge emporta l'ensemble.
Milo se glissa sous la douche avec un soupir de bien-être. Il avait des courbatures partout après avoir conduit si longtemps. L'eau chaude délassa ses muscles endoloris qui roulaient magnifiquement sous sa peau naturellement hâlée. Il resta longtemps à savourer le liquide chaud qui coulait sur son corps. Il semblait emporter avec lui les derniers vestiges d'une personnalité façonnée à force de volonté pendant des années, pour laisser la place à quelque chose de plus naturel, de plus véridique, de plus sombre, le vrai Milo.
Celui qui sortit de la salle de bain n'était plus celui qui y était entré. Il aimait bien ces deux personnalités, mais l'originale n'aurait jamais obtenu ce que l'autre avait réussi à avoir. Trop fougueuse l'originale, trop instable, trop affamée.
Vers vingt heures trente, il se fit monter à dîner. Le groom du room service, un jeune japonais qui devait avoir entre vingt et vingt-cinq ans, roula la table jusque sur la terrasse à la demande Milo et allait se retirer quand il l'interpella.
- Connaissez-vous quelques adresses de clubs ou de boites de strip-tease dans le coin ?
S'il fut surpris, le groom n'en laissa rien paraître. Il se montra très professionnel et posa les bonnes questions avant d'envoyer son client n'importe où.
- Tout dépend de ce que vous rechercher, monsieur. Strip-tease masculin ou féminin, club de rencontre ou échangistes.
- Disons que... je cherche tout ça à la fois.
Milo regardait le jeune homme avec une lueur gourmande dans les yeux. Il le détaillait de la tête aux pieds, sans vergogne. Il finit par le faire rougir. C'était adorable. Le groom sortit d'une de ses poches un dépliant qu'il tendit à Milo qui le parcourut rapidement.
- Que me conseillez-vous ?
- Que recherchez-vous monsieur ? réitéra le groom.
- J'vais commencer par les hommes.
- Alors ces deux établissements sont excellents, fit-il en désignant deux adresses sur le dépliant. Le service et les spectacles sont de qualité. De plus, ils sont à trois rues d'ici.
- Vous fréquentez ce genre d'endroit ? fit-il avec un sourire désarmant. Décidément, il trouvait ce garçon de plus en plus à son goût.
- Oui monsieur.
Il avait répondu sans hésitation, sentant bien qu'il n'avait pas à faire à quelqu'un de coincé ou de choqué, voir de dégoûté par l'homosexualité.
- Comment t'appelles-tu ? fit-il en passant du vouvoiement au tutoiement.
- Shiryu, monsieur.
- Je t'invite Shiryu, on y va ensemble. Ça te dit ?
- C'est très aimable mais je ne peux pas fréquenter des clients de l'hôtel.
- Qui va le savoir ? Tu es libre de faire ce que tu veux en dehors du boulot, non ?
- Si, mais mon ami est malade en ce moment et je ne veux pas sortir sans lui.
- Oh ! Je vois ! Eh bien tant pis pour moi. Tiens !
Il glissa un pourboire dans la main de Shiryu et attrapa celle-ci. Il s'approcha tout près de son visage, si près qu'il pouvait sentir son souffle sur sa joue.
- Si tu changes d'avis, rejoins-moi là-bas.
Le groom sortit de la chambre, tout retourné par l'attitude pour le moins insolite de cet homme. Il s'était inventé un petit ami ou une petite amie pour décourager les clients et clientes un peut trop entreprenants et n'avait aucunement l'intention d'aller dans cette boite.

************

Milo entra dans l'établissement de nuit après avoir passé le videur de l'entrée, un colosse brésilien dont la stature impressionnante dissuadait quiconque de mal se comporter, et qui répondait au doux prénom de Joao.
Le club était en partie en sous-sol. La vaste salle était plongée dans une semi-obscurité colorée par l'éclairage étudié et typique de ce genre d'endroit. La scène en forme de T s'avançait au milieu des tables qui n'étaient pas encore toutes occupées. Les spectacles n'avaient pas commencé, il n'y avait pas encore assez de monde.
Le concept était simple. Les strip-teaseurs dansaient et s'effeuillaient sur scène. Les clients glissaient des billets dans leur string, et s'ils étaient intéressés par une rencontre, il suffisait d'informer un serveur qui passait le message au danseur. Le client offrait à boire et pouvait bénéficier d'un numéro privé dans l'une des alcôves prévues à cet effet, moyennant finance.
Milo s'assit au plus près de la scène pour ne rien rater du spectacle. Son entrée n'était pas passée inaperçue. Il faut dire qu'avec son ensemble de toile blanc et son t-shirt bleu électrique, il avait tout de Sonny Crockett dans la série "Miami Vice" Son assurance et son indéniable charisme associés à son regard arrogant faisaient de lui un homme qui ne laissait pas indifférent. Aussitôt un serveur se présenta à sa table.
- Bonsoir monsieur, que désirez-vous boire ?
Milo détailla l'homme qui devait avoir une vingtaine d'années. Il le trouva mignon, très mignon. Son jeans noir moulant et son top résille de la même couleur mettaient son physique plus qu'agréable en valeur et rehaussaient la blondeur de sa longue chevelure.
- Ouzo, s'il vous plait.
Quelques secondes plus tard, il avait son verre sur la table. A mesure que l'heure avançait, le club se remplissait d'une faune variée. Les hommes d'affaires s'installaient dans les coins sombres, ceux au look motards, gros durs et vêtus de cuir de la tête aux pieds investissaient le comptoir du bar, et tout ce qui se situait entre les deux s'appropriait les tables.
La musique était puissante mais pas assourdissante. Quand le premier numéro fut annoncé, il était environ vingt-deux heures trente. La lumière baissa et le projecteur se focalisa sur un danseur qui apparut sur la scène. La musique du film "9 semaines et demi" explosa dans la salle. Il était vêtu d'un smoking avec une chemise blanche à col cassé et un n½ud de papillon. Il avait le type latin. Des cheveux bleus en pétard, un regard bleu électrique, une peau bronzée. Il commença son numéro en dansant au rythme de la musique. Son corps prenait des postures sensuelles, ses mains parcouraient son torse. Il ôta sa veste, la fit tournoyer avant de la jeter au sol. Son n½ud de papillon et sa chemise suivirent le même chemin sous les applaudissements des spectateurs qui, visiblement, appréciaient. Il retira ses chaussures tout en continuant à caresser son corps de façon torride avec des mouvements de hanches très suggestifs. Sous sa peau, les muscles puissants roulaient à chaque geste.
Milo était captivé par le numéro. Dans ses yeux brillait une lueur d'envie et son regard courait sur le corps splendide. La musculature était parfaitement proportionnée et bien dessinée sans être excessivement développée. Le danseur finit par enlever son pantalon sous les cris et les sifflets admiratifs pour se retrouver avec un unique string noir qui ne laissait presque rien à l'imagination. Il poursuivit en dansant près du bord de la scène où des clients glissèrent des billets dans son unique vêtement.
A cet instant de la soirée, le club n'acceptait plus de client. Il avait fait salle comble. Joao, le videur de l'entrée, avait pris son poste de garde du corps. Il protégeait les danseurs de clients trop entreprenants qui auraient pu avoir un geste déplacé. La simple présence du Brésilien dans un coin sombre de la scène était, à elle seule, largement dissuasive.
C'est le string garni de billets que le danseur termina son numéro sous les applaudissements mérités.
- Merci Angelo ! Magnifique numéro ! fit la voix du DJ.
Milo se surprit à se demander à quoi ces hommes pouvaient bien passer leur journée en terminant son second verre d'Ouzo. Mais il n'eut pas le temps de pousser ses réflexions plus avant, un nouveau numéro venait de commencer.
Un homme, de dos, avec une longue cascade de boucles bleu turquoise, habillé en marin avec un chapeau à pompon rouge regardait le public par-dessus son épaule gauche. Le tube sulfureux "I want your sex" de George Mickael débuta.
Le danseur leva les bras et balança ses fesses de gauche à droite avant de faire face au public. Il portait un pantalon blanc et large, une veste Spencer de la même couleur et une marinière rayée bleu marine et blanc qui laissait son ventre à découvert. A son nombril, orné d'un piercing, brillait un diamant qui jetait des éclats éblouissants à chaque fois qu'il accrochait la lumière d'un spot.
Lui aussi, il se mit à caresser son corps mais la sensualité qu'il dégageait dépassait largement celle de son prédécesseur. Sa souplesse lui permettait des mouvements à faire pâlir de jalousie les meilleurs contorsionnistes. Il fit tomber sa veste et à cet instant, Milo aperçut son visage. Ses yeux s'arrondirent de stupeur. Jamais il n'avait vu un homme d'une telle beauté. Il avait un visage presque féminin, d'immenses yeux d'un bleu limpide, une bouche un peu charnue et magnifiquement dessinée et un grain de beauté sous l'½il gauche qui rajoutait à la séduction de son regard provocant. Il poursuivit son numéro en se débarrassant de sa marinière, dévoilant un torse pâle aux muscles fins et bien dessinés. Il caressa sa poitrine, ses hanches, ses fesses et son entrejambe, chauffant le public. Et Milo n'y était pas insensible. Une légère tension dans son aine se fit sentir et tout en changeant de position sur sa chaise, il effleura son ventre discrètement. Nul doute que ce numéro allait finir par réveiller complètement ses pulsions.
Le danseur le remarqua et leurs regards s'accrochèrent. A partir de là, Milo eut l'impression qu'il ne dansait plus que pour lui. Il appela son serveur et lui dit qu'il aimerait rencontrer cet homme après son passage sur scène.
Le pantalon blanc disparut à son tour pour dévoiler un boxer blanc qui suggérait tout sans rien montrer. Toujours avec son chapeau sur la tête, il continua à danser, se roulant par terre, marchant à quatre pattes comme une panthère. Rapidement, il récolta un nombre impressionnant de billets. Milo coinça un billet de cinquante euros dans le boxer en le fixant des yeux. Une lueur amusée et aguicheuse passa dans le regard du danseur.
Le numéro prit fin et il sortit lui aussi sous un tonnerre d'applaudissement.
- Magnifique Aphrodite ! T'as été génial !
Le serveur posa sur sa table une flûte de champagne et lui demanda s'il voulait un autre verre d'Ouzo qu'il accepta. C'était son troisième et il songea qu'il devrait lever le pied avant d'être totalement ivre. Mais il y songea seulement.
Il reposait son verre sur la table lorsqu'un homme s'assit face à lui. Il portait une casquette en cuir comme son pantalon avec un t-shirt bleu assorti à ses cheveux...
- Salut ! fit-il en prenant la flûte de champagne. Il but une gorgée en plantant son regard dans celui de Milo.
- Salut. Aphrodite c'est ton nom de scène ?
- Oui !
Milo sourit, comprenant qu'il n'en dirait pas d'avantage.
- J'ai beaucoup aimé ton numéro. Ça doit être du boulot quand même.
- Merci. J'en change pas tout l'temps.
- Tu l'fais pendant combien de temps ?
- Ça dépend d'sa popularité, un mois ou deux. Parfois un peu plus...
- T'as fini pour ce soir ?
- Ouais, j'fais qu'un passage par soir.
Pendant ce temps, un autre numéro avait démarré mais Milo n'y prêta aucune attention. Il regardait l'homme face à lui, subjugué par sa beauté. Il l'avait cru efféminé mais il s'était lourdement trompé. Aphrodite dégageait un charme viril indéniable. Il avait une voix douce et un peu rauque. Pas très grave mais masculine sans aucun doute.
- Tu rentres seul ou tu t'fais raccompagner ?
Le danseur eut un petit rire.
- Tu m'en voudras pas si j'réponds pas à ta question, rétorqua-t-il avec un sourire en coin.
- Non, j'me serais juste proposé de t'raccompagner mais j'avais oublié que j'suis venu à pied.
Les deux hommes rirent de bon c½ur. Ils discutèrent encore quelques minutes, quand Aphrodite termina son verre se leva pour partir.
- Je suis là pour quelques jours. J'aimerai t'inviter à dîner.
Aphrodite le regarda comme pour le jauger. Il avait un regard franc, qui ne se détournait pas avec une petite flamme taquine. Et il était vraiment très séduisant. D'ordinaire il aurait refusé sans hésitation, mais là, pour une raison qu'il ne s'expliquait pas, il accepta. Ils se donnèrent rendez-vous pour le lendemain soir à la réception de l'hôtel de Milo, vers dix-huit heures trente.
- J'peux t'raccompagner chez toi si tu veux, fit Aphrodite en se retournant alors qu'il s'éloignait.
Milo fut surpris mais accepta. Ils se retrouvèrent devant l'entrée du club, il n'était même pas une heure du matin. Ils marchèrent lentement, l'un à coté de l'autre, parlant de tout et de rien, plaisantant, riant, faisant connaissance tout simplement.
- Comment on devient strip-teaseur ? demanda Milo.
- Pourquoi ? Tu veux en dev'nir un ?
- Non, c'est juste par curiosité.
- J'ai toujours aimé les métiers du spectacle. Déjà à l'école, j'étais toujours volontaire pour les pièces de théâtre. J'ai joué dans le spectacle de fin d'année. J'ai fait de la danse classique quand j'étais tout petit et ensuite de la contemporaine. J'ai couru les castings, j'ai fait de la figuration dans des spots publicitaires et un jour un copain m'a dit que le "Sexy Boys" allait ouvrir. Je venais de prendre un studio et j'me suis retrouvé au chômage. Au départ, j'étais pas emballé de m'dessaper, mais ça paye bien et on finit par s'habituer. Il faut juste savoir ou sont ses limites et ne jamais les dépasser.
- Ce que tu as fait ce soir.
- Comment ?
- Tu as franchi les limites que tu t'étais fixées. Ne pas sortir avec les clients, ça fait partie de tes règles non ?
- C'est juste, mais t'es différent des autres. Tu m'as pas harcelé comme la plus part de ceux qui veulent discuter avec moi après mon numéro. J'te trouve sympa. Tu m'fais pas l'effet d'un sadique ou d'un psychopathe. C'est vrai aussi qu'c'est pas écrit sur leur visage...
Milo partit à rire et asséna une claque sur l'épaule d'Aphrodite. Ils arrivèrent à l'hôtel.
- Voilà, j'suis arrivé. Merci de m'avoir accompagné.
- J'boirais bien un dernier verre.
Ils se regardèrent un moment, puis Milo détourna les yeux en souriant et invitant d'un geste son compagnon à le suivre.
Une fois dans la chambre, Milo chercha deux verres et sortit une bouteille de whisky. Il versa le liquide ambré sur les glaçons qui claquèrent, et les apporta sur la terrasse. L'air était tiède, il n'y avait pas un souffle de vent. Ils sirotèrent leur verres en silence, assit sur les fauteuils.
- Pourquoi t'as pas essayé le mannequinat ? Avec ton physique tu pourrais aller loin.
- J'y ai songé. Il faudrait que je trouve un photographe qui m'aide à faire un book.
- Ta beauté ne doit pas avoir que des avantages. J'me trompe ?
- Non. Je s'rais pas honnête si je disais que je ne suis pas si beau que ça. Ça peut passer pour un manque de modestie ou du narcissisme. Mais j'ai des yeux, je suis pas aveugle. Pour beaucoup de gens, beauté est synonyme de tête de linotte et d'efféminé. Ce que je ne suis pas du tout.
- Je confirme. Tu n'es pas une folle ! plaisanta Milo. Et t'as l'air d'avoir la tête sur les épaules.
- Et toi, tu fais quoi ?
- Je travaille à Paris pour un groupe pétrolier. Je négocie l'emplacement de stations service partout en Europe.
- Waouw ! Pas mal ! Et ton patron sait que t'es gay ?
- Oui. Il l'a su bien après que j'aie fait mes preuves et comme ça n'affecte pas mon travail ni mes relations avec mes collègues, il n'a rien eu à me reprocher.
- Bien joué ! Et t'as quelqu'un dans ta vie ?
- Tu crois que si c'était le cas, j'aurai passé la soirée dans ton club ?
- Et alors, tu s'rais pas l'premier à profiter d'un voyage d'affaire pour t'amuser un peu.
- Non, c'est pas mon style. En fait, j'me suis fait jeter y a quarante-huit heures !
- Merde ! Désolé. Vous étiez ensemble depuis longtemps ?
- Un peu plus de deux ans et ça faisait presque vingt mois qu'on vivait ensemble.
- C'est moche.
- J'ai pas envie d'm'apitoyer. C'est pour ça qu'je suis descendu sur la Côte, pour me changer les idées !
Au fil de leur conversation, Milo s'apercevait qu'il avait encore un certain contrôle sur ses pulsions. L'homme devant lui était d'une beauté ensorcelante mais il ne voulait pas le mettre dans son lit tout de suite alors qu'il savait qu'il aurait pu le faire depuis longtemps. Il avait envie de le séduire.
- Bon, j'vais rentrer, fit son invité en se levant.
- Demain, dix-huit heures trente dans le hall de l'hôtel ?
- Tu m'laisses choisir le resto ?
- Tu connais l'coin mieux qu'moi.
- Ok ! On prendra ta voiture !
Il raccompagna Aphrodite jusqu'à l'entrée. Alors qu'il se penchait devant le danseur pour lui ouvrir la porte, ce dernier posa une main sur joue. Il approcha son visage et l'embrassa. Un baiser simple, doux, qui ne demandait rien de plus. Mais Milo, qui ne pensait pas que les choses iraient si vite, passa une main derrière la nuque d'Aphrodite. Il voulut approfondir ce baiser et ne rencontra aucune résistance. Il poussa le danseur contre le mur et colla son corps au sien. Leurs langues ne se cherchèrent pas très longtemps avant de se trouver. Leur baiser devint plus passionné, leur arrachant des ronronnements de satisfaction et leurs mains partirent à l'aventure. Alors qu'il sentait le Niçois sur le point de se laisser aller dans ses bras, il mit un terme à leur étreinte.
- Je..., désolé, commença-t-il. Je ne peux pas... Tu me plais énormément, mais même s'il n'y a aucun sentiment entre nous, je peux pas... pas encore...
- Ta rupture est trop récente.
Milo acquiesça d'un mouvement de tête.
- Je comprends et je respecte tes scrupules.
- Tu devrais rentrer, on se voit demain.
- A demain.
Il referma la porte et s'appuya dessus. Il ferma les yeux et un sourire de contentement étira ses lèvres. Il passa sa langue dessus, cherchant le goût de celles d'Aphrodite. Un frisson le parcourut de la tête aux pieds.
Il prit une douche et s'allongea nu sur son lit. Il alluma la télévision et chercha la chaîne "Pink" exclusivement réservée aux gays. Il tomba sur un film pornographique qu'il regarda, sentant l'excitation monter en lui lorsqu'il pensait à son danseur. Oh ! Oui ! Ce serait bon de le voir remuer les fesses à quatre pattes. Il laissa ses mains parcourir son corps, son torse musclé, son ventre brûlant. Ses doigts se refermèrent sur son sexe. Les images du film enflammèrent sa libido. Il se mit à genoux et glissa une main jusqu'à son intimité qu'il investit de deux doigts. Il les fit coulisser en lui tout en continuant à caresser son membre raidi. Les acteurs du film reflétaient tout ce qu'il avait envie de faire à Aphrodite. Il accéléra ses mouvements, ses gémissements se transformèrent en cris de plaisir lorsque l'orgasme le balaya avec une force incroyable. Il retomba sur les coussins, à bout de souffle, temporairement satisfait. Il lécha ses doigts salis de sa semence. Cette saveur lui rappela combien il était jouissif de posséder et d'être possédé encore et encore, sans limite, hormis celle de l'épuisement physique.
Il éteignit la télé et sombra dans un profond sommeil peuplé de rêves érotiques. La bête était libre...

A suivre...

J'espère que ça vous a plu.

Mille exuse pour le retard inattendu, on etait trop occuper donc on n'as pas pu publier le 2eme chapitre
Mille excuse encore.
P.S: desormais les chapitre seront publier exactement chaque samedi, si se n'est pas le cas sa sera le dimanche .
Merci encore
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# Posté le dimanche 25 octobre 2009 17:13

J'ai rencontré un ange en enfer.‏

J'ai rencontré un ange en enfer.‏
autant que yaoiteuse on cherche des tof yaoi de toute sorte, mais on lit aussi des fic yaoi.
on a décidé de publier (autant que première) une fic yaoi saint seiya qui nous a énormément plus, et qui nous a donner un grand plaisir a lire.
cette fic est de 15 chapitre, son auteur est "Scorpio-no-caro" =D ses fic sont super on a tjrs un plaisir a les lire.
mnt on vous laisse avec le premier chapitre.
Bonne lecture

CETTE FIC NE NOUS APPARTIENS PAS ELLE EST A " SCORPIO-NO-CARO"






Disclaimer : Les personnages appartiennent à Masami Kuramada. Le personnage de Philippe m'appartient.
Genre : Romance/Angst. Yaoi, threesome. Un peu OOC.
Rating : + 18.
Avertissement : Le langage est parfois un peu cru, certains lemons un peu violents. Que ceux qui n'apprécient pas ne commencent pas à lire ! J'ai tenté de retranscrire le langage oral que nous employons tous les jours dans les dialogues.
Résumé : Univers alternatif. Suite à une rupture, Milo va sombrer dans la déprime et laisser libre cours à ses pulsions. Sa rencontre avec certaines personnes va précipiter sa chute sans qu'ils ne s'en aperçoivent. Mais quelqu'un va le sauver de lui-même. Bonne lecture.

Chapitre 1


De nos jours... au début de l'été...

Milo Parédès gara sa Porsche dans le parking de son immeuble à la place 14-3. Son patron lui avait enfin accordé trois semaines de congés après plus de deux ans de travail acharné. Même si les cadres supérieurs ne comptent pas leurs heures supplémentaires, ils finissent tôt ou tard, par avoir besoin de repos. Il travaillait depuis six ans dans une grosse société pétrolière. Il était chargé de négocier des contrats avec des pays étrangers pour construire des stations services. Il avait régulièrement à faire à des représentants des différents gouvernements pour les convaincre de laisser sa société s'implanter à tel ou tel endroit. Il était donc souvent en voyage.
L'ascenseur le mena rapidement au quatorzième étage de la tour où il avait acheté un appartement qu'il partageait depuis deux ans avec son amant. Il ne lui avait rien dit pour ses vacances et comptait bien lui faire la surprise. Shaka était un artiste peintre indien. Milo avait été invité par un de ses amis à l'un de ses vernissages et le coup de foudre avait été immédiat entre les deux hommes. Rapidement, Shaka avait emménagé avec Milo et depuis ils vivaient leur amour discrètement mais sans se cacher non plus. Pourtant, cela faisait quelques semaines que quelque chose n'allait plus entre eux. Milo n'était plus aussi enthousiaste et Shaka se renfermait de plus en plus souvent dans ses méditations mystiques, source de son inspiration.
Il entra chez lui et posa le courrier sur la petite table du hall après avoir allumé la lumière. Tout était plongé dans le noir, ce qui le surprit. Shaka n'aimait pas l'obscurité. D'ailleurs ses toiles, dont beaucoup couvraient les murs de l'appartement, n'avaient jamais de noir. Shaka n'utilisait jamais cette couleur.
Il fit le tour des pièces sans trouver son compagnon. Il posa sa mallette sur le canapé et ôta sa veste de costume et la suspendit au dossier d'une chaise. Il arrivait à Shaka de sortir, rarement, mais il le prévenait toujours. Il regarda le répondeur où le chiffre zéro clignotait. Pas de message. Il appela son mobile.
- Le numéro que vous demandez n'est plus en service. Veuillez contacter votre opérateur.
Là, Milo commença à s'inquiéter. Il téléphona à plusieurs de ses amis, pensant que Shaka était peut-être chez l'un d'eux. Mais non, personne n'avait vu le peintre. De guerre lasse, il prit le courrier et commença à l'ouvrir en s'asseyant sur le canapé de cuir blanc. Quelques factures, des pubs et une enveloppe avec son prénom écrit de la main de Shaka. Il aurait reconnu cette écriture entre des millions. Il l'ouvrit.
A l'intérieur, il trouva un trousseau de clés et une lettre. Il la lut.

Milo,
Depuis que je t'ai rencontré, j'ai vécu un conte de fée. Mais cela fait quelques temps que les choses entre nous ont évolué et je sais que tu t'en es rendu compte. Cela me perturbe beaucoup. Mon inspiration et la qualité de mes toiles s'en ressentent. Ce matin j'ai enfin compris. Nous ne sommes plus amoureux l'un de l'autre. Nos sentiments ont évolué et l'amour que nous éprouvions s'est transformé en une profonde affection. Nous ne devons plus nous voiler la face. Nous ne ferions que nous faire souffrir et ça je ne le veux sous aucun prétexte.
J'ai emporté toutes mes affaires. Tout le matériel qui se trouve dans mon atelier, tu peux t'en débarrasser, tout jeter. Mes toiles qui sont accrochées chez toi, fais-en ce que tu veux. Si tu les gardes, ça me fera très plaisir, je les ai peintes pour toi. Si tu les jettes, je comprendrai.
J'ai besoin de me remettre en question, mais je sais que notre avenir n'est plus ensemble. Je t'ai sincèrement aimé de tout mon c½ur. Je sais que tu rencontreras quelqu'un qui te rendras vraiment heureux. Tu le mérites.
Ce n'est ni de ta faute, ni de la mienne. Nous n'étions tout simplement pas faits pour rester ensemble pour toujours mais juste pour faire un bout de chemin l'un avec l'autre. Et notre route s'arrête là.
Tu dois me trouver bien lâche de partir comme ça, sans avoir le courage de te le dire en face et tu auras raison. Je n'aurais pas eu la force d'affronter ton regard dans lequel j'ai tant aimé me noyer...
Avec toute mon affection
Shaka.


Combien de temps resta-t-il là, assis, à pleurer en silence ? Une heure ? Peut-être deux. Il releva la tête, une migraine atroce lui martelait les tempes. Comme un automate, il se leva, alla vers le bar, prit un verre et la bouteille d'Ouzo. Bien sûr, l'alcool n'était pas la solution mais il avait besoin d'oublier sa douleur pendant quelques heures. Dans l'état où il était, il n'arriverait pas à s'endormir et c'est ça qu'il lui fallait. Dormir. Demain, il ferait jour, même s'il devait se réveiller avec une magnifique gueule de bois.

************

Un rayon de soleil se glissa à travers les stores de l'immense baie vitrée du salon et vint lui caresser le visage. Milo cligna des yeux pour tenter de se débarrasser de l'importun, en vain. Il passa une main lourde de sommeil sur son visage et sentit une barbe naissante sous ses doigts. Il réalisa qu'il était sur son canapé. Pourquoi s'était-il endormi là ? Tournant le regard, il aperçut un trousseau de clés sur la table basse et tout lui revint mémoire. Shaka l'avait quitté. Des larmes lui brûlèrent les yeux. Il les essuya avec le pouce et l'index avant qu'elles ne coulent. Il réussit à s'asseoir, doucement, pour ne pas aggraver la douleur qui lui vrillait le crâne. A ses pieds, il vit la lettre qui avait glissé de sa main pendant qu'il dormait. Alors quelque chose se brisa en lui.
La porte de la prison, à l'intérieur de laquelle il retenait captifs certains aspects de son caractère et de sa personnalité, s'ouvrit brutalement, laissant s'échapper un Milo que peu de ses amis connaissaient. Et encore n'en avaient-ils vu qu'une version tempérée, toujours sous contrôle.
Pendant ses études de commerce international, il avait bridé la bête qui vivait en lui, pour réussir. Puis il avait continué à faire bonne figure devant ses collègues de travail et son patron qui avait fini par accepter son homosexualité étant donné que cela n'avait jamais posé de problème dans ses relations professionnelles, ou nui à la qualité de son travail. Bien au contraire, il avait l'impression qu'il devait toujours en faire plus pour faire oublier cet aspect de sa vie.
Seul Shaka avait entraperçut ce Milo, impulsif et passionné à l'occasion de soirées un peu arrosées. Mais, il gardait toujours le contrôle. Avant cette période, il était complètement lui-même. Prédateur, calculateur, débauché, séducteur et séduisant. Très séduisant. Il avait un baratin de tous les diables. Il obtenait des choses au charme mais s'il les conservait, c'est qu'il avait une tête.
La lettre de Shaka venait de libérer le véritable Milo. Et il avait devant lui trois semaines soit pour le remettre dans sa prison, soit pour le laisser dominer sa vie à jamais. Parce que tous les efforts qu'il avait fait pour étouffer cet aspect de son caractère, il ne pourrait plus les refaire. Il n'en avait plus le courage.
S'il avait une telle situation aujourd'hui, un bon job, de l'argent, un super appart, une belle voiture, c'est parce qu'il avait maintenu la bête en cage, de ça il était sûr. Son coté politiquement incorrect en avait fait fuir plus d'un. Aurait-il la force d'enchaîner à nouveau le vrai Milo pour ne laisser paraître que celui qui était parfaitement présentable et sous contrôle en toutes circonstances ? En avait-il seulement envie ? Voilà la question qu'il allait devoir se poser rapidement, parce que plus le temps passait et plus il serait difficile de faire marche arrière.
Il prit une douche qui calma un peu sa migraine, se rasa, se brossa les dents. Il passa son pantalon en cuir noir, ses bottes noires, un t-shirt sans manche bleu comme sa longue chevelure, une ceinture et des poignets de force cloutés. Il brossa les lourdes boucles de ses cheveux, s'aspergea d'eau de toilette et passa sa veste en cuir noir elle aussi. Il jeta un regard à son reflet dans le miroir de l'entrée, prit ses clés, son portefeuille, ses lunettes de soleil, son téléphone et gagna le parking. Il monta dans sa voiture et démarra. Mais il ignorait où il allait.

************

Milo remontait les Champs Elysées vers l'Arc de Triomphe, lorsque son téléphone sonna.
- Bonjour Mû !
- Bonjour. Shaka est rentré ?
- Non. Il m'a quitté. Il est parti, c'est fini.
- Oh merde ! Tu veux passer à la maison ?
- Un peu plus tard si tu veux bien, j'ai besoin d'penser à tout ça, là...
- Bien sûr. On sort pas de toute manière. Tu viens quand tu veux.
- Ok ! Merci ! A plus tard.
Il raccrocha juste au moment ou il vit la police sur le coté de la route en train de traquer les conducteurs sans ceinture de sécurité ou le téléphone scotché à l'oreille. Il venait de l'échapper belle.
Il roula plus de deux heures dans les rues de la ville, une compile du groupe Scorpion à fond dans la voiture et finalement, il se retrouva devant le pavillon de Mû et Aïolia, un couple d'amis de longue date. Il gara sa voiture dans la cour et grimpa les escaliers qui menaient au perron. Son doigt n'eut pas le temps d'atteindre la sonnette que la porte s'ouvrit sur un Aïolia au visage triste et compatissant.
- Fais pas cette tête, lui dit Milo en souriant tristement et s'asseyant dans le salon. C'est pas facile alors sois sympa, n'en rajoute pas.
- J'veux bien mais c'est pas évident ! Je comprends pas c'qui c'est passé.
Mû entra à cet instant et embrassa Milo sur les deux joues. Il servit le café qu'il avait apporté et en donna une tasse à leur ami. Il leur fit un petit résumé de la lettre de Shaka et bu une gorgée.
- J'avais bien senti que c'était pas ça entre vous depuis quelques temps, commença Mû. Je voulais t'en parler, mais j'avais peur de me mêler de c'qui ne me regarde pas.
- T'as rien à te reprocher Mû. De toute façon Shaka a raison. Je devrais être plus effondré que ça et pourtant, même si j'ai pleuré un bon coup hier soir et que j'me suis torché la gueule, je suis pas aussi anéanti que je pensais l'être.
- Tu penses aussi que vous n'étiez plus amoureux toi aussi ? demanda Aïolia comme pour avoir une confirmation.
- J'crois bien. C'est comme si on était tombé dans une sorte de routine. Pas au lit, j'te rassure ! De c'coté là ça a toujours été génial, enfin pour moi en tout cas. Non, c'est dans notre vie de tous les jours. En y réfléchissant, c'est comme si on vivait à coté l'un de l'autre. On était habitué à la présence de l'autre et on ne faisait plus attention au reste. Y a longtemps qu'on a arrêté de jouer au jeu d'la séduction tous les deux. C'était inévitable. Tôt ou tard, on se s'rait séparé. Mais bon, c'est vrai qu'sur le moment, ça fait un mal de chien !
- Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ? s'enquit Mû qui commençait à regarder Milo avec un ½il nouveau. Jamais il ne l'avait vu habillé de la sorte.
- J'ai trois s'maines de congés, j'vais faire le point sur ma vie. Ça fait du bien de temps en temps. Je vais sûrement descendre dans le sud.
- En plein mois de juillet ? Tu vas te retrouver coincé au milieu d'une cohue de vacanciers, sourit Aïolia.
- C'est pas grave. Ça fait longtemps qu'j'ai pas été sur la Côte d'Azur. Je connais mieux les pays étrangers que mon propre pays. J'vais m'balader, je verrai bien.
- J't'avais jamais vu habillé comme ça, fit Mû. Ça te va bien. Ça te donne un coté bad boy très sexy.
Ils sourirent à cette remarque, mais même si sa bouche souriait, les yeux de Milo avaient un éclat étrange, presque menaçant. Mû, qui avait une sensibilité hors du commun n'était pas tombé loin de la vérité. Milo arrivait encore à faire bonne figure mais ça ne durerait pas. Il avait toujours trouvé Aïolia très mignon et il lui restait encore assez de lucidité pour ne pas foutre le bordel dans son couple. Il était un danger pour eux. Il était un danger pour tous ceux qui se dressaient entre lui et ce qu'il convoitait. Il valait mieux qu'il s'éloigne de ses amis pour qu'ils n'assistent pas à sa métamorphose. Chassez le naturel, tôt ou tard, il revient au galop...

A suivre...

J'espère que ça vous a plu.

P.S : les chapitre serons publier chaque samedi =D
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# Posté le samedi 26 septembre 2009 16:25

Modifié le dimanche 25 octobre 2009 17:06

les Anciens chevalier d'or

vidéo sur les premier chevalier d'or
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# Posté le dimanche 12 avril 2009 07:55

Modifié le samedi 26 septembre 2009 16:35

chiriyu

chiriyu
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# Posté le samedi 11 avril 2009 17:21

Modifié le dimanche 19 avril 2009 15:32